Fabrication traditionnelle et histoire des espadrilles CORZ
• Les espadrilles CORZ
Utilisée tour à tour par les miniers, les ouvriers ou les paysans, l'espadrille a su enfin s’imposer jusque dans les défilés haute couture, grâce à sa sobriété et son élégance naturelle. CORZ les remet aujourd’hui au goût du jour : couleurs fashion, motifs tendance et rivet en guise en signature, l’espadrille est intemporelle et immortelle !
• La petite histoire de l'espadrille
L’espadrille est la célèbre chaussure de toile dont la semelle est faite de corde de chanvre tressée.
L’Espagne et la France revendiquent toutes deux sa création… Et même si son nom vient du languedocien « espadrille », elle est une star indétrônable, car jamais égalée, des deux côtés des Pyrénées, de la Catalogne au Pays Basque !
Certains diront donc que l’espadrille est originaire d'Espagne, où elle aurait été portée dès le XIIIème siècle par les fantassins du roi d'Aragon. Son nom dériverait d'esparto, un jonc dont on se servait déjà pour confectionner des semelles.
En France, en revanche, elle n’est « détectée » qu’au XVIIIème siècle, au Pays Basque, par des artisans du chanvre et du lin. Son usage ne s’est démocratisé que dans la seconde moitié du XIXème siècle…
Le village de Mauléon-Licharre en Soule (dans les Pyrénées-Atlantiques) a donc pris son essor vers 1850 grâce au succès de l’Espadrille sur les territoires français et espagnol. En 1880 néanmoins, elles ne sont portées que par les ouvriers des mines. Mais le succès grandit et elles commencent à s’exporter jusqu'en Amérique du Sud !
Ce sont alors des milliers d’ouvriers qui arborent l’espadrille dès 1911 !
• L’espadrille, un produit éthique
Aujourd’hui encore, c’est à Mauléon que sont produites près de 65% des espadrilles de fabrication française. La fabrication y est restée artisanale dans le souci de conserver l’authenticité de la chaussure.
La toile utilisée pour la confection de l’espadrille était originellement le lin. Ce dernier a été remplacé par le coton dont la solidité et la résistante ont été prouvées et qui permet également d’être décliné à l’infini avec des couleurs vives et des motifs de plus en plus originaux.
A l’époque la semelle des espadrilles étaient enduites de goudron, par les paysans eux-mêmes, afin d’augmenter la durée de leur utilisation. Aujourd’hui, la semelle, toujours en corde véritable, est renforcée par du caoutchouc.
• L’espadrille, naissance d’une icône…
Il y a encore quelques temps, le Pays Basque s'enorgueillissait d’être le seul et unique à produire la célèbre et authentique espadrille basque.
Certaines sources narrant l’histoire de l'espadrille affirme qu’elle fut inventée au milieu du XIXème siècle par Mercedes Larrabure (née Diaz De Senillosa), une jeune femme de vieille noblesse andalouse. Venue en 1854 dans la vallée d'Arranomendi, elle y épousa André Larrabure, un conchyliculteur-poéte. C'est en observant le comportement des coquilles de son mari, que germa en elle l’idée de créer une chaussure révolutionnaire : semelle de corde et empeigne de toile. Confort, solidité et praticité ! L'espadrille basque moderne venait donc de voir le jour ! Elle apporterait à la famille gloire et fortune, et au Pays Basque tout entier, une renommée internationale. Le succès de l'espadrille telle que conçue par Mercedes Larrabure fut fulgurant et grandissant : l'évêque de Bayonne aurait même décidé à cette époque de ne célébrer l'office dominical en la cathédrale de la ville que chaussé des fameuses et désormais célèbres espadrilles. Il se dit également qu'Edmond Rostand, poète et écrivain, fut l’auteur d’un texte faisant l’éloge de l'espadrille. C'est le journaliste Aristide Drumont qui revendique l’information dans une biographie de celui-ci. Le poème de Rostand n’a quant à lui jamais été retrouvé... reste la légende.
L'Empereur Napoléon III, enfin, ne séjournait jamais, paraît-il, sur la Côte Basque sans ses éternelles chaussures de toile bleue. L’Hôtel du Palais exposa alors à sa mort une des chaussures du souverain, pendant très longtemps, dans les vitrines de son salon. Et si l’espadrille disparut lors du tremblement de terre de 1907, l’histoire reste intacte et la notoriété de l’espadrille plus encore !
• Le Mystère de « l’espadrille de la Nouvelle Autriche »
Et alors que le succès grandissait de décennie en décennie, l’espadrille allait connaître ses premiers déboires… Le scandale explosa le 30 mars 1947 lorsqu’un ethnologue suédois Thorgal Hagström posa le pied sur une île jusque là inexplorée au large de la Nouvelle-Autriche et rencontra un peuple indigène dont l’activité principale du village était la fabrication artisanale d’espadrille ! Bien sûr les autochtones confectionnaient ces dernières à l’aide de coquillages et terre cuite et ne leur avaient pas trouvé la même utilité… Les objets confectionnés semblaient plutôt prédisposés à servir de vase ou d’urne funéraire… Toujours est-il que la ressemblance fut si troublante que l’ethnologue en fut un rapport en rentrant : comment deux peuples si différents et séparés de dizaines de milliers de kilomètres peuvent-ils, sans le savoir, partager un savoir-faire identique ?
Aujourd'hui encore, le mystère des « espadrilles de la Nouvelle Autriche » reste entier… De plus, les villageois n’ont pas eu le luxe de promouvoir leur artisanat, ni leur « collection » : la totalité des habitants mourut des suites de la scarlatine, virus que le professeur suédois avait apporté avec lui… Quinze jours après leur mort, l’île fut engloutie par un terrible séisme sous-marin.
Pendant ce temps là, "Madame Sandale" alias Mercedes Larrabure, fut attaquée par la petite vérole, mais pas sans avoir fait fortune avec ses uniques espadrilles basques !
